Elever des enfants dans le minimalisme quand la société prône la consommation

Enfant et minimalisme

Et voilà, je suis 3 fois maman, j’ai même déjà changé ma présentation sur le blog 😉

L’arrivée d’un petit bébé dans la famille est toujours un tsunami d’émotions, mais aussi beaucoup de questionnements. Quand beaucoup de personnes te disent que tu as du courage de vouloir un 3ème enfant, on se pose forcément la question sur ce que ça veut dire… Devrais-je m’inquiéter? Hihi. Mais je me pose aussi beaucoup de questions, et ça ce n’est pas nouveau, sur le rapport de mes enfants avec cette société de consommation. Parce que j’ai envie qu’ils ne soient pas aveuglés par tout ce matérialisme ambiant. Et parce que j’ai envie qu’ils comprennent que le bonheur se trouve dans les petits moments simples de la vie.

La société de consommation, elle, accueille les nouveaux parents dès le séjour à la maternité. Voyez ce qui m’a attendue dans ma chambre juste après l’accouchement :

Boite rose

La fameuse Boite Rose.

Dedans, plusieurs bons de réduction, des échantillons de produits, des prospectus … Tout pour vous faire consommer plus autour de cet enfant qui vient d’arriver. Un sentiment de lassitude m’a tout de suite envahie en voyant ces objets (même si le trousseau est plutôt joli ;)), car je me suis sentie obligée de trier ce qu’il y avait à l’intérieur, le tri étant devenu un réflexe chez moi on dirait, un sentiment de « je sais que c’est mal de vouloir regarder ce qu’il y a dedans car je suis déjà équipée pour cet enfant et je n’ai besoin de rien d’autres mais j’ai quand même envie de savoir« . La peur de rater quelque chose… Et si c’était ça, au final, qui nous faisait consommer à outrance, au-delà du nécessaire : le résultat d’un manque de confiance en soi?

Plusieurs fois mon ptiboudchou de 6 ans n’a pas voulu qu’on se débarrasse des choses, car il veut les garder en souvenir. Comment ce sentiment a pu naitre en lui? Parce qu’il m’a vue faire mes tris et qu’il fait un blocage dessus, d’où la direction dans le sens opposé?

De plus, quand les copains ont telles choses et pas lui, ce n’est pas toujours évident de lui expliquer notre manière de penser.

Nos enfants sont sollicités en permanence par ce qui les entoure (les possessions des copains, la publicité à la télé et dans les magazines…) et se créent des besoins avec ce qu’ils voient. Voyez comme il nous faut réfléchir, nous adultes, pour différencier un besoin d’une envie, alors pour un petit enfant…

A nous, parents, donc de :

  • savoir doser les envies,
  • différer le souhait (l’apprentissage de la frustration est important pour son bonheur),
  • sensibiliser nos enfants aux dons,
  • leur faire comprendre que le bonheur n’est pas dans un objet, mais dans les joies simples et souvent gratuites,

pour lui apprendre à prendre du recul face à cette société de consommation.

Il y a 3 semaines, alors qu’il me voyait ranger et faire du tri dans ma chambre, mon fils, qui avant avait très peur que je ne jette ses affaires, m’a demandée de l’aider à trier ses jouets, pour pouvoir mieux les ranger. Malheureusement, nous avions eu un empêchement à l’exécution de la tâche (zut, zut et re-zut), mais je me demande si on aurait pu arriver jusqu’à sa décision de se séparer de certains jouets. Serait-ce le début du changement?

Et je n’ai même pas eu à argumenter comme d’habitude pour qu’il accepte de me laisser jeter au recyclable son déguisement du carnaval de cette année. L’école nous demande de créer nous-mêmes les déguisements en recyclant des objets de chez nous. Super idée, je trouve, ça fait une activité parent-enfant autour d’un projet, fait appel à la créativité, et ne coûte pas un rond. Le problème c’est quand on n’a plus grand chose chez soi, et qu’il faut chercher ailleurs… (mais bon, est-ce vraiment un problème?). Quand le déguisement de l’année dernière a dû rester 6 mois dans le séjour, celui de cette année est resté 1 mois, il a juste voulu lui faire un dernier câlin avant qu’on le mette dans la poubelle de recyclage. Une grande évolution!

Je vous ai dit que la plupart des personnes de mon entourage sont des minimalistes. Mais même avant que je ne connaisse le terme, ma tante vivait déjà comme ça. Elle a un appartement où même en étant invitée chez eux durant 2 semaines je savais où chaque objet se rangeait. Son fils a vécu dans cet environnement depuis tout petit. Et ça a fait de lui un consommateur raisonnable. Il me parlait de son envie d’investir dans de beaux meubles durables quand il allait avoir son chez soi, et ce discours, il l’a tenu depuis qu’il était ado.

Alors ça me donne de l’espoir pour mes enfants, qu’il puissent avoir du recul par rapport à cette frénésie de consommation, qu’ils fassent la part des choses entre l’avoir et l’être, et qu’ils arrivent à se détacher facilement des possessions matérielles pour se focaliser sur leur bonheur.

On verra bien…

Et vous, vos enfants acceptent-ils facilement les désencombrements? Comment réagissent-ils?