Trier ses projets et s’autoriser à ne pas terminer certains

Tri de projets

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de ce que je fait en ce moment : le tri dans mes projets.

Je suis quelqu’un qui fonctionne beaucoup à l’écrit. J’avais toujours un petit carnet sur moi, surtout quand je prenais souvent le train, pour noter des idées qui viennent sur le moments, pour faire des listes, pour faire des retroplannings de tout ce que j’envisageais de faire. Ces carnets étaient très précieux pour moi, donc inutile de dire que je n’ai jamais envisagé de m’en débarrasser. Il m’arrivait de les relire, et d’être de nouveau ravivée par le plaisir de réfléchir à ces projets, à trouver de nouvelles idées pour les améliorer.

J’avais même déjà commencé à créer un autre blog sur la pédagogie Montessori, et un site internet de partage de connaissance entre parents. C’étaient des projets qui me tenaient vraiment à cœur. Ils étaient même déjà en ligne. J’ai passé beaucoup de temps à les développer. Un site internet, de même qu’un blog, c’est beaucoup de travail, et ça prend beaucoup de temps. Et comme à la base, avec ce blog, les enfants, et la vie quotidienne, je n’avais déjà pas beaucoup de temps, je travaillais sur ces projets durant des mois et des mois.

Mon site de partage de connaissance était le plus avancé de mes projets. Je l’avais développé moi-même et j’en étais vraiment fière. J’ai investi du temps et de l’argent dedans. Seulement voilà, la mayonnaise ne prenait pas. C’est un peu dur, quand on a travaillé depuis des mois sur un projet, cette prise de conscience que peut-être ça n’ira pas plus loin. Ce projet, je l’avais mis de côté pendant plusieurs mois après, en pensant y revenir pour lui donner un nouveau tournant, l’améliorer, le faire revivre. Mais je n’ai plus eu le temps de m’en occuper.

Le fait de ne plus avoir le temps pour quelque chose est très révélateur d’un sentiment qu’on ne s’avoue pas : au fond, ce projet, je l’avais déjà abandonné. Je l’ai gardé en ligne, pour ne pas « le mettre à la poubelle » direct. C’est comme quand on essaie de se séparer d’un objet, et qu’on le garde « au cas où ». Mais je vais bientôt faire les démarches pour le fermer définitivement.

Pour mon blog sur la pédagogie Montessori, je n’avais pas encore publié d’articles en public. Le blog n’était donc pas encore lancé, mais je savais déjà la charge de travail qui m’attendait vu que je travaille déjà beaucoup sur Maman Minimaliste.

Dans une moindre mesure, je pense aussi à tous ces pins sur Pinterest que j’ai collectionné au fil des années. Ces projets de bricolage, de couture, ou d’activités avec les enfants que je n’arrête pas d’épingler dans mes tableaux. Ils ont tous cette saveur de projets non terminés.

Tout ceci finalement engendre un sentiment de frustration.

Tout ces projets, même s’ils ne prennent pas beaucoup de place physiquement dans ma maison, prennent beaucoup de place dans ma tête. Avec ce sentiment négatif en plus de projets suspendus, par manque de temps.

J’ai repris mes carnets en début de semaine. Je n’ai pas pu m’empêcher de relire mes notes sur ces projets. Un peu de nostalgie. Une pointe de déception également. Et puis, je les ai déchiré. Qu’est-ce que ça fait un bien fou! Je me suis autorisée à ne plus terminer ces projets, et à les laisser partir. Une parenthèse dans ma vie. De l’expérience acquise. C’est tout.

Dis comme ça, ça parait facile. Mais se dire qu’on renonce à un travail de plusieurs mois n’est jamais simple.

Je n’ai pas encore fait le tri dans mes pins sur Pinterest, mais je compte bientôt le faire aussi. Je n’ai plus envie de me culpabiliser en voyant ces petits projets que je ne prends pas le temps de faire.

J’aime toujours autant les projets dans le domaine du digital, et en ce moment, je me concentre sur un seul projet : ce blog. Si la fréquence des articles ici a diminué ces derniers temps, je n’en suis pas moins active dans les coulisses. Vous en saurez davantage plus tard. En attendant, venez discuter sur le groupe Facebook des Apprentis Minimalistes, nous avons franchi la barre des 3000 membres ^^.

Et vous, vous avez déjà trier vos « projets » ?

 

Leave a Reply 8 comments

Marina - 21 novembre 2016 Reply

Hello,
ton article trouve écho en moi. Je me suis découverte multipotentielle (en fait, je l’ai toujours été mais je ne pensais pas qu’il y avait un terme et que c »était « à part ») et je fonctionne donc aux projets !
J’ai des intérêts très variés, 15 000 idées à la minute (tu sais, quand tu aimerais mettre ton cerveau sur « pause ») et parfois, oui, je dois abandonner !
Ca se fait parfois naturellement : j’ai découvert ce que je voulais dans un nouveau domaine et je n’ai plus l’envie d’en apprendre plus, et parfois c’est plus brutal. Par exemple, j’ai renoncé cet été à mon rêve de potager autosuffisant : je n’y mettais pas les pieds suffisament pour qu’il puisse nourrir ma famille et nous l’avons enherbé cet automne pour en faire un plus petit, plus proche de la maison…
Donc oui, faire le tri dans ses projets, je connais, mais désormais, avoir mis un mot sur ce que je suis ça me permet aussi de mieux l’accepter

    Sandrine - 21 novembre 2016 Reply

    Salut,
    je me reconnais bien dans ton message Marina. Moi aussi, je pensais que c’était « normal » d’avoir 15000 idées en même temps, que les éclairs dans mon cerveau fusent dans tous les sens… que tout le monde devait fonctionner ainsi ! MAIS j’ai découvert la fonction publique… et là j’ai compris… que ce n’était pas la norme.

    Et c’est aussi frustrant au travail d’avoir des idées qu’on ne peut pas faire aboutir…

    C’est vrai que dans ma vie perso, j’en suis toujours à « un jour il faudrait que… ». Alors cette année, j’ai décidé que je testerai « pour de vrai » le yoga et l’escalade. Yoga, c’est fait. Reste l’escalade… et j’ai aussi lancé mon blog, mais petit à petit, j’essaie de ne pas me mettre la pression car 1- je sais que je ne tiendrai pas avec la vie quotidienne 2- je ne veux pas avoir à le mettre de côté justement.
    Donc j’ai mis de côté, depuis les enfants, le potager tout court, les trucs que je garde « pour faire un cadre/bracelet/cadeau » (tout à la poubelle), les vêtements à rapiécer qui traînent depuis des lustres…
    Et comme toute opération de tri, CA FAIT TROP DU BIEN !!!
    Merci pour ton blog Mino, continue ainsi !
    Des bises

      Mino - 24 novembre 2016 Reply

      Salut Sandrine,
      Merci pour ton partage, je suis allée voir ton blog, il me parle aussi.
      Hihi, moi aussi je gardais des trucs pour faire des DIY plus tard…
      Et tu sais quoi? le yoga fait partie de mes projets qu’il faut que je fasse aussi. Incorrigible, moi?
      Bises ^^

    Mino - 24 novembre 2016 Reply

    Hello Marina, je ne connaissais pas ce terme de multipotentiel. J’ai l’impression d’en être un mois aussi…
    Ah, tu voulais un potager pour être autosuffisant, moi aussi j’en voudrais bien un. Je ne sais juste pas où je pourrais trouver le temps de m’en occuper avec les 3 petits…
    C’est rassurant de savoir qu’on n’est pas la seule à avoir 1000 projets en même temps ^^

Lucile - 22 novembre 2016 Reply

Salut Mino,

Ton article me touche beaucoup.

Parfois, les idées fusent comme des feux d’artifice, on voudrait faire ça et ça … on aimerait se remettre à telle activité, apprendre une nouvelle langue, développer ses compétences marketing.

Oui, mais voilà, on le sait toutes, les journées ne comptent que 24 h.

Et si l’on se tue à la tâche, alors on finit par n’être plus bonne en quoi que ce soit.

Je m’en suis rendu compte il y a peu de temps, j’avais plusieurs projets sur le feu, de plus j’étais de retour dans ma famille après 2 ans d’absence.

À vouloir être au four et au moulin, j’ai fini par me surmener puis inévitablement, je me suis trompé. Le fait est qu’après cet échec, j’ai senti que j’allais perdre confiance en moi.*

Heureusement, mon conjoint a su me raisonner et me faire comprendre que je ne pouvais pas être bonne dans tous les domaines et que je devais apprendre à déléguer.

Je sais que je ne pourrais peut-être pas réaliser tous les projets qui me tiennent à cœur, mais ceux que je choisirais de mener, je les mènerais jusqu’au bout.

Le minimalisme c’est aussi ça, faire moins, mais mieux.

A bientôt
Lucile

    Mino - 24 novembre 2016 Reply

    Salut Lucile,

    Merci pour ce commentaire plein de bon sens, car je suis aussi dans le même cas que toi.
    Faire beaucoup de choses, ne pas savoir que c’est inhumain de tout gérer, persister et perdre confiance en moi devant l’échec (inévitable donc).
    Heureusement qu’il y a nos proches pour nous rappeler qu’il faut un peu sortir la tête de l’eau 😉
    A bientôt

Rachel - 3 février 2017 Reply

Hello,
Tout ce que je viens de lire fait écho en moi !
C’est avec le temps et l’âge que j’ai appris à élager mes projets et mes envies pour ne garder que ceux qui me tiennent vraiment vraiment à coeur !
Avec le temps je suis devenue plus sage, je me souviens encore il n’y a pas si longtemps combien cela pouvait me rendre « stressée » de ne pas avoir le temps de finir ceci et cela ! que jamais je n’aurai assez de temps pour réaliser toutes mes idées quelles qu’elles soient : couture, sport, cuisine, déco … etc.
Merci pour ton blog Mino.
A bientôt,
Rachel

    Mino - 8 février 2017 Reply

    Hello Rachel, et merci pour ce partage. C’est exactement, on aimerait tellement tout faire…
    A bientôt 🙂

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