[Lecture] Marre d’être la fée du logis?

J’ai pris ce livre par hasard à la bibliothèque municipale, car le titre me parlait “Marre d’être la fée du logis? Paradoxes de la femme d’aujourd’hui” de Perla Serfaty-Garzon, une psychosociologue.

Au mois d’Octobre, l’Insee a publié un rapport sur les inégalités pour la répartition des tâches ménagères au sein du couple. Et faut-il le préciser, le résultat n’a rien d’étonnant : “les mères continuent d’assumer 65% des tâches parentales” même si l’écart tend à se rapprocher entre le couple. Je suis très à cheval sur cette égalité des sexes, traquant tous les chiffres “d’injustice” et parle à qui voulait l’entendre de cette inégalité entre les genres (répartition des tâches ménagères, salaires, discrimination, éducation…), c’est comme un cheval de bataille pour moi. Et ce qui n’arrange pas les choses, c’est que travaillant dans le domaine de la technologie, les femmes de mon domaine perçoivent encore plus cette différence, comme le témoigne ces articles qu’on se partage sur notre groupe Facebook (désolée, les articles sont anglais) :

Le décalage entre hommes et femmes à l'école, à l'université, dans l'industrie du logiciel

Le décalage entre hommes et femmes à l’école, à l’université, et dans l’industrie du logiciel

Dans le domaine des STEM (Science, Technology, Engineering and Math), les employeurs recrutent plus des “John” que des “Jennifer”, même avec un CV équivalent. Le sexisme existe dans ce domaine, et les chiffres le prouvent. Ainsi, au final, lors de grandes conférences dans l’industrie de la technologie, les femmes représentent seulement 25% de ceux qui prennent la parole. Et le pire, c’est qu’au final, elles décident d’elles-mêmes de quitter ce domaine, qu’elles jugent inhospitalier pour elles.

L’inégalité des genres existent, et de manière plus générale, elle est pire pour les mamans, qui ont encore plus de contraintes que les autres, quand elles travaillent.

C’est clair que les femmes ressentent la pression qu’elles sont attendues autre part… dans l’oubli de soi? comme le dit Grace Kelly?

famille-vie-Grace-Kelly

Alors, voyez dans quel état d’esprit j’abordais la lecture de ce livre, c’est comme si je partais à la découverte d’un autre support relatant une fois de plus l’injustice de cette inégalité des sexes. Et cette fois-ci en parlant de la tenue du foyer. Ce dont je ne m’attendais pas, c’était d’y lire que les femmes tiennent aussi à cette position, et c’est ce qui explique d’ailleurs le paradoxe qu’elles vivent.

Historiquement, la femme est celle qui doit tenir la maison, elles étaient bien souvent une femme au foyer, s’occupant à longueur de journée de la tenue de celui-ci et de l’éducation des enfants, et ceci, jusqu’au don de soi. Mais les guerres mondiales sont passées par là, et l’on voit apparaître l’appel du travail pour elles. Cependant, malgré ce tiraillement entre travail et foyer, les femmes restent toujours celles qui font que la maison familiale devienne un refuge (pour la famille surtout, mais aussi pour les amis, les relations…), et qu’elles ont le souci de mettre ce refuge en oeuvre. Les femmes ont un inépuisable sens du devoir domestique et familial, et ce rôle reste à leurs yeux un ensemble de vertus. Mais laisser les tâches domestiques pénibles s’emparer de la journée et s’y oublier est ce qui leur est difficile à supporter, et certaines ressentent une notion de “perte” par rapport à ce qu’elles pourraient faire dehors, et refusent de vivre leur vie comme une servante. La société de consommation dans laquelle on vit aujourd’hui est d’ailleurs l’une des causes de cet esclavage, car elle fait plus acheter et garder des choses dont on n’a pas vraiment besoin, mais que certaines gardent car elles sont sentimentales, ont le culte des souvenirs, et/ou trouvent des excuses au désordre ambiant qui règne chez elles. En conclusion, les femmes ont toujours le goût du foyer, mais celui-ci est plus complexe et plus tendu qu’avant. Et que les femmes d’aujourd’hui doivent donc jongler entre ce goût et son rejet à la fois.

Personnellement, je ne suis pas une fée du logis, et je suis loin de l’être. Cependant, étant pragmatique, je sais que ce rôle m’incombe, et que la réussite d’avoir une maison bien tenue est et restera plus ma fierté que celle de mon mari.

Plus que jamais, je me dis que seule la simplicité peut m’aider dans cette quête. Le principal étant d’être chacune à l’aise dans nos vies, que l’on soit ou non une maîtresse de maison hors-pair.

Et vous, êtes-vous complètement une fée du logis ou ressentez-vous le même paradoxe comme décrit ici?

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Cécilia - 3 novembre 2015 Reply

Je suis complètement dans ce paradoxe moi !
Je me veux indépendante, autonome et forte, j’ai un bon métier où je ne gagne pas moins qu’un homme et où je pourrais faire une belle carrière, mais je viens de mettre au monde mon 2eme enfant, et alors que j’ai le profil de la femme moderne, je me retrouve à penser comme la génération de mes parents, à me dire que mon rôle est de m’occuper de mes enfants et de mon foyer, que c’est ma plus belle réussite.
Alors non, je ne vais pas quitter mon travail et devenir femme au foyer, mais je ne vais pas sauter sur une promotion ni chercher à gagner plus en travaillant plus, je tends plutôt vers un 4\5 pour voir grandir mes filles. Ce qui est une motivation de plus pour devenir minimaliste dans une certaine mesure, pour bien vivre la diminution de revenus et m’assurer que ce temps que je m’octroie sera passé avec mes filles et non à gérer trop de choses dans ma maison !

    Mino - 5 novembre 2015 Reply

    Merci pour ce partage d’expériences Cécilia. Comme je te comprends! Je suis moi-même en 4/5, pour pouvoir profiter de mes ptiboudchoux, et on se rejoint sur le fait de ne pas vouloir gérer autre chose pour cette précieuse journée 🙂

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