[Vidéo] Que faire après la réduction des possessions?

Aujourd’hui, je partage avec vous cette vidéo, intitulée “After less“, que je trouve très inspirante.

Pour moi, il répond au sujet : “Réduire les possessions, oui. Et après?

Sur le groupe des Apprentis Minimalistes, on parle beaucoup de désencombrement matériel. C’est en général le point de départ du cheminement vers la simplicité. Mais on a déjà vu également des questions comme : “Et maintenant que j’ai fini de désencombrer et que j’ai du temps, je fais quoi?”

Si vous vous posez la même question ou si vous êtes curieux de voir ce qui vous attends, je vous conseille de regarder cette vidéo.

Et en plus, le réalisateur, Alix Roques-Genez, a répondu à mes questions.

1 – Comment as-tu découvert le minimalisme ?

Le minimalisme n’est pas quelque chose qui a toujours été là pour moi. Il s’agit vraiment d’une pratique intentionnelle, l’acte d’un éditeur à l’échelle d’une vie ; déterminer ce qui est en trop, ce qui n’est pas pertinent pour arriver à un tout cohérent. Ça a donc été un cheminement conscient pour moi.

J’y ai été amené par les personnes que je suivais, principalement Leo Babauta. Il tient le blog zenhabits.net (et mnmlist.com). Son sujet principal est le bien-être, notamment par l’adoption de pratiques positives régulières, qui s’élargit à la méditation, au véganisme et… au minimalisme. Ces thèmes sont présents parce qu’il les pratique personnellement, et on sent qu’il a une envie sincère de les partager. J’ai été sensibilisé par ses témoignages et comment le minimalisme a impacté sa vie.

Je pense que c’était en 2014 que j’ai commencé à expérimenter avec cette pratique par des actes assez simples (me débarrasser des habits que je ne porte pas, garder un bureau bien rangé, …).

2 – Comment t’est venu l’idée de faire un film sur le minimalisme?

C’est justement après avoir démarré par ces petits actes que j’ai cherché à en lire plus sur le minimalisme. J’ai poursuivi dans cette direction, et j’ai trouvé qu’à chaque fois que je me débarrassais d’objets inutiles, je me sentais plus clair avec moi-même, l’esprit plus tranquille.

Quand j’ai emménagé dans un nouvel appartement, j’ai rapidement créé l’appartement parfait pour moi dans ce sens ; avoir exactement les objets qu’il me faut, sans encombrement.

Mais je me suis rendu compte que je continuais à vivre exactement comme avant : j’avais le même rythme, les mêmes activités, … Je ne savais pas ce qui aurait dû être différent, mais je sentais que quelque chose aurait dû changer.

J’ai cherché des films et des photos de personnes vivant dans des espaces minimalistes en espérant y trouver de l’inspiration, et j’en ai trouvé très peu en ligne.

J’ai donc réfléchi longtemps à mon rapport au minimalisme. J’ai cherché ce qui au fond m’apportait les bienfaits que je ressentais, et quand j’ai été clair avec moi-même, il m’a paru évident d’essayer d’aider d’autres personnes dans leur cheminement. J’ai voulu partager les fruits de ma réflexion, et, en tant que réalisateur, la vidéo est l’outil avec lequel je me sens le plus à l’aise.

J’espère que ce film pourra être pour quelqu’un d’autre le film que j’ai moi-même cherché.

3 – Ton film est vraiment percutant, penses-tu en faire une version française?

Il y a des sous-titres français sur le lecteur YouTube. 🙂 (oups, je ne savais pas ;), merci Alix)

J’ai choisi l’anglais parce que je trouve que c’est une langue essentielle, qui permet d’exprimer des concepts forts et chargés de sens en très peu de mots.

Le sujet ne me semblait pas non plus limité géographiquement. Il n’est pas plus pertinent en France qu’ailleurs, et les personnes rassemblées autour du minimalisme se retrouvent plus souvent dans des communautés internet qui font abstraction de la géographie qu’entre voisins, amis, …

4 – Tu as d’autres projets autour du même sujet pour plus tard?

Absolument ! Je suis en train de préparer le tournage d’un court métrage autour du minimalisme.

C’est un film de fiction, cette fois, d’environ 20 minutes, qui explore ce qui est en trop, ou pas assez, dans les choix d’une vie, et comment on peut s’enfermer dans une utilisation des objets pour se protéger de ses propres incertitudes.

Voilà le synopsis :
‘Bill, un électricien solitaire et matérialiste écrasé dans une relation qui part à la dérive, cherche dans les objets une protection à ses propres failles. Pris au dépourvu lorsque sa femme le place brutalement face à son manque de réalisme, il l’entraîne avec lui dans un duel aussi absurde que nécessaire.’

Vous pouvez retrouver plus d’éléments sur le film ici : https://fr.ulule.com/persona-film

Merci Alix d’avoir répondu à mes questions 🙂

Je rajoute ici une partie de sa note d’intention toute aussi inspirante pour mettre ce projet de vidéo sur pieds.

Note d'intention

J’ai voulu avec ce film illustrer une manière de vivre simplifiée. Il s’agit en fait du document que j’aurais aimé avoir au coeur de mon propre cheminement vers ce mode de vie.

Je m’interrogeais sur la manière dont la vie de chaque jour s’organisait autour d’un intérieur épuré, mais ne savais pas quelles questions me poser, ni dans quel ordre. Je sentais cependant que des éléments visuels m’aideraient à saisir des intentions générales et des états d’esprit plutôt qu’une réponse concrète à une question précise, que je n’avais pas.

Face à la rareté de tels documents, j’ai entrepris une profonde réflexion personnelle. Je me suis ainsi détourné un temps du minimalisme pour m’interroger sur ce que je recherchais dans cette pratique. Ce questionnement m’a amené à réaliser que le minimalisme n’est qu’une pratique de surface, 1 et que les engrenages qui la font fonctionner et lui apportent la valeur que j’y ai trouvée sont d’une toute autre profondeur.

Seulement après ce détour suis-je revenu au minimalisme, reconnaissant qu’il ait fait naître en moi un désir d’observation. Cependant, je suis convaincu qu’il existe un chemin plus progressif pour parvenir à la connaissance de soi présente derrière toute pratique de simplification. Ce chemin débute par un minimalisme ordinaire et se caractérise par un affinement progressif de cette pratique, incorporant graduellement l’introspection.

Avec le film que je propose de réaliser, mon but est de proposer une perspective globale qui pointe la direction dans laquelle le spectateur peut commencer à explorer. Une grande majorité de la conversation publique concernant le minimalisme propose des méthodes pratiques, des tactiques sur le court terme. Je souhaite justement étoffer ces dernières en offrant à voir derrière ce matériel de surface les premiers pas vers un minimalisme plus profond, plein de sens.

L’objectif est donc de créer un film à propos du spectateur, de l’aider à entamer un voyage vers ce travail d’introspection. C’est pourquoi, malgré le fait que la partie visuelle représente la vie quotidienne de personnes dans un univers minimaliste, l’intention ne sera jamais la recherche du réalisme. Les actions pourront être légèrement mises en scène, les cadrages et prises de son ne chercheront pas nécessairement à couvrir chaque instant de la réalité. À tout moment, la personne filmée est un support de la réflexion intérieure du spectateur – le réel personnage principal.

Et vous, que pensez-vous de cette vidéo?

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